Ridhima Pandey, une jeune indienne de neuf ans, poursuit son gouvernement en justice pour le contraindre à adopter des mesures pour le climat à la hauteur de ses engagements. Un magnifique exemple d’une génération qui cherche à prendre son avenir en main et à alerter sur le fait que ce sont les enfants d’aujourd’hui qui paieront l’inaction des dirigeants d’hier.

Ridhima Pandey habite dans le nord de l’Etat de l’Uttarakhand en Inde. Là-bas, les effets du changement climatique ont été largement perceptibles. Depuis au moins trois ans, les phénomènes climatiques extrêmes, tels que les averses violentes, les inondations, les glissements de terrain, se sont multipliés et ont causé la mort de milliers de personnes.

C’est ce qui a poussé la jeune indienne à agir face à un gouvernement qui ne lui semblait pas respecter ses engagements pris aux Accords de Paris. Car même si l’Inde a pris de véritables résolutions en termes de transition énergétique et s’est positionnée comme un pionnier de l’énergie photovoltaïque, le développement économique reposant sur la croissance d’une industrie polluante est resté une priorité pour le gouvernement.

La poursuite frénétique du développement industriel du pays est ainsi responsable de la déforestation massive en Inde, qui a conduit à la disparition de plus de la moitié de sa superficie boisée par rapport à sa végétation d’origine. Or c’est justement dans le Nord de l’Inde, où la déforestation est la plus forte qu’ont eu lieu ces derniers années les épisodes climatiques les plus meurtriers, au point que les médias locaux ont qualifié de « Tsunami de l’Himalya » la mousson du mois de juin 2013 dans l’Uttarakhand (la région de Ridhima).

Particulièrement concernée et touchée par les effets du changement climatique, Ridhima a donc entamé une procédure judiciaire aux côtés du National Green Tribunal, contre le gouvernement pour que celui-ci « prenne des mesures effectives, soutenues par le discours scientifique, pour réduire et minimiser les impacts négatifs du changement climatique. » Interrogée par le journal britannique The Independant, celle-ci explique son choix :

« Mon gouvernement a échoué à prendre des mesures pour réguler et réduire les émissions de gaz à effet de serre, qui sont à l’origine de conditions climatiques extrêmes. Cette inaction nous impactera nous, les générations futures. »

Delhi, fantomatique sous son voile de pollution…

Elle estime par ailleurs, que « son pays a un immense potentiel pour réduire son utilisation d’énergie fossile », ce que prouve d’ailleurs le recours déjà massif à l’énergie solaire dans ce pays ensoleillé près de 300 jours par an. Dans la pétition qu’elle a adressé au gouvernement, la jeune activiste demande à ce que soit mis en place un budget carbone pour taxer les industries polluantes, mais aussi des législations permettant de protéger les forêts, sols et mangroves qui s’ajouteraient à des politiques de reforestation et de développement de l’agriculture.

Pour l’avocat Rahul Choudhary qui la représente devant la justice, Ridhima « demande simplement à son gouvernement de tenir son rôle qui est de protéger ses ressources naturelles vitales desquelles les futures générations et elle-même dépendent pour leur survie. » Le gouvernement dispose désormais de deux semaines pour adresser une réponse à la jeune fille. Toutefois la réaction du ministre de l’Environnement après que Greenpeace a sorti une enquête montrant que près de 1,2 million d’Indiens mourraient chaque année à cause des fortes concentrations de gaz polluants dans l’air ne présage vraiment pas une prise de conscience responsable. Celui-ci avait alors déclaré :

« Il n’y a aucune preuve suffisante permettant d’établir une connexion entre le nombre de morts et la pollution de l’air. »

Le combat est loin d’être gagné donc, mais avec ce nouvel exemple d’une génération inspirée et courageuse, on peut dire qu’il est entre de bonnes mains !

 

Source: la reléve et la peste.

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