Ces « produits qui nous empoisonnent » : 100 aliments décriés par 60 millions de consommateurs

Image crédit: Shutterstsock
La revue 60 Millions de consommateur montre du doigt plus de 100 produits de grande consommation et alerte sur leurs dangers dans son dernier numéro publié le 12 Avril.

Le magazine un hors-série intitulé « Ces aliments qui nous empoisonnent ». 80% du sel que nous absorbons provient des aliments transformés, 70% des sucres sont ajoutés dans des aliments salés. « On ne peut faire confiance les yeux fermés à aucun produit », a estimé sur franceinfo Adeline Trégouët, la rédactrice en chef du hors-série, édité par l’Institut national de la consommation, un établissement public dépendant du ministère chargé de la consommation.

Le magasine 60 millions de consommateurs s’attaque à l’industrie agroalimentaire en dénonçant « les aliments qui empoisonnent ». Elle nous apprend aussi à débusquer, marque par marque, sucres, sels, graisses, additifs, nitrites et pesticides cachés.

Du chocolat en poudre qui contient plus de sucre que de cacao, aux additifs normalement interdits dans les yaourts, le magazine (publiée par l’Institut national de la consommation, un établissement public dépendant du ministère en charge de la consommation) épingle plus de 100 produits de grande consommation.

Armes et clés pour le consommateur

Le responsable numéro un, le sucre, est souvent caché. Ainsi dans un flacon de ketchup Heinz de 700 g, on trouve huit tomates et 22 morceaux de sucre. Soit pour 20 g de sauce, autant de sucre que dans deux petit-beurre de la marque Lu.

«  A chaque fois, nous avons des surprises. A chaque fois on se fait avoir. Et à chaque fois, on se dit : « Mais damned, c’est incroyable, ils ont osé ! » Si on n’y va pas de main morte avec certains fabricants, c’est pour que le consommateur sache choisir les produits. Et c’est aussi un message qu’on envoie : arrêtez de nous prendre pour des jambons !  » indique Adeline Tregouët à Francetvinfo , rédactrice en chef du supplément, lors d’une rencontre avec la presse

« 80% du sel absorbé par les Français proviennent des aliments transformés. 70% des sucres sont ajoutés et cachés », indique la revue.

La lecture du dossier est assez anxiogène, mais elle vise aussi à donner des armes et des clés au consommateur via une série d’études internationales, dont celle publiée début 2018 dans le British Medical Journal, établissant un « lien sérieux » entre nourriture ultra-transformée et risque de cancer.

« Malgré les messages de santé publique, le consommateur a du mal à se repérer, car la plupart des ingrédients qui fachent avancent masqués », a souligné Adeline Tregouë.

« Bombes de graisse »

Au chapitre additifs, 60 millions publie une liste de 50 produits « à proscrire », allant du E102 au E951 et recommande de bien lire les

Cette liste a provoqué le courroux de l’Ania (Association des industries alimentaires) qui a rappelé que les additifs « ont d’abord été introduits pour la conservation des aliments ».

Au rayon viande, la revue détaille le « mécanisme pernicieux » du « trop de fer », ou comment, à trop forte dose, le fer contenu dans la viande rouge favorise l’apparition de cancers, notamment du sein pour les femmes.

60 millions débusque aussi des graisses cachées dans les céréales des enfants qualifiées de « bombes de graisses », en particulier les marques Tresor de Kellogg’s et Extra Fruits du même Kellogg’s, ainsi que les barres de céréales, les pâtes feuilletées, et, plus surprenant, les poêlées de légumes de Bonduelle ou Picard qui doivent être utilisées sans ajouter de matières grasses.

Les yaourts gorgés d’additifs

La plus grande déception vient des yaourts.

Alors que la réglementation interdit théoriquement l’ajout d’additifs dans les yaourts, les grandes marques en incorporent en quantité dans les mélanges de fruits qui les parfument: neuf additifs dans le yaourt Carrefour aux fruits recette crémeuse, sept dans le Taillefine aux fraises, et 12 dans le panier de Yoplait nature sur fruits.

« Le mélange de fruits sert en somme de cheval de Troie pour contourner la loi », un « subterfuge » qui « dénature un produit simple et bon pour la santé » regrette la revue.

« Nous sommes indignés, car en théorie, et c’est une spécificité française, les additifs sont prohibés dans les yaourts (…) qui n’ont absolument pas besoin de conservateurs », a souligné Mme Tregouët.

« La quasi-totalité des yaourts aux fruits contiennent des additifs. Ça peut être des marques de distributeurs mais aussi les Danone, les Mamie Nova, les Yoplait. Personne n’est épargné malheureusement. explique Mme Tregouët

« S’il y a des enquêtes à mener, elles seront menées »

Interrogé sur le sujet jeudi sur Radio Classique, le ministre de l’Agriculture et de l’alimentation Stephane Travert a renvoyé la responsabilité des vérifications aux industriels.

« C’est au fabricant d’apporter la preuve que le produit qu’il met sur le marché ne met pas en danger la santé des hommes et des femmes qui les consomment. Il y a un travail que nous menons en France et au niveau européen afin d’harmoniser la réglementation. S’il y a des enquêtes à mener, elles seront menées », a-t-il dit.

«  On ne peut faire confiance les yeux fermés à aucun produit. Les produits vegan, parfois, ne sont pas vraiment vegan. C’est-à-dire qu’il n’y a pas de viande mais vous allez avoir des produits laitiers à l’intérieur ou des œufs, c’est quand même un petit peu gênant. C’est un produit vegan [dans l’étude] qui bat le record avec une cinquantaine d’additifs à l’intérieur. Il y a beaucoup de graisses aussi, beaucoup de sucre, beaucoup de sel. Tout ce qui est vegan, sans gluten ou sans sucre n’est pas forcément à recommander.» indique Mme Tregouët

Mise en cause, l’Ania, qui représente 17 000 entreprises françaises du secteur agroalimentaire, a regretté un dossier qui ne fait selon elle « qu’alimenter les peurs », en soulignant que le secteur consent « beaucoup d’efforts » dans le sillage des Etats généraux de l’alimentation « pour tenir ses engagements afin de parvenir à une alimentation plus sûre, plus saine et plus durable ».

 

Source : © 2018 AFP

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