Et dire que Kadhafi avait raison…

Libyan leader Muammar Gaddafi attends a ceremony marking the birth of Islam’s Prophet Mohammed in Tripoli February 13, 2011. Palestinian refugees should capitalise on the wave of popular revolts in the Middle East by massing peacefully on the borders of Israel until it gives in to their demands, Libyan leader Muammar Gaddafi said on Sunday. REUTERS/Ismail Zitouny (LIBYA – Tags: POLITICS RELIGION)

L’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi avait averti Tony Blair de l’assaut des islamistes sur l’Europe. Le défunt colonel était plus lucide que les politiciens occidentaux, rapport The Telegraph.

Selon les transcriptions des conversations téléphoniques entre l’ex-premier ministre britannique Tony Blair et l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, publiées jeudi par le Comité des Affaires étrangères du Parlement britannique, le défunt colonel avait prévenu M.Blair que l’Europe était menacée par l’extrémisme islamique, écrit le quotidien britannique Telegraph.

M.Kadhafi expliquait ainsi à M.Blair, le 25 février 2011, alors que des émeutes armées avaient déjà éclaté en Libye, qu’il cherchait à sauver le pays des terroristes d’Al-Qaïda.

« Je tiens à vous dire la vérité. Cette situation n’est pas aussi compliquée qu’on le pense, en fait, tout est très simple: il y a des cellules dormantes de l’organisation terroriste Al-Qaïda en Afrique du Nord. Ces cellules dormantes en Libye ressemblent à celles basées aux États-Unis à la veille du 11 septembre », a indiqué Mouammar Kadhafi.

« Ils (les djihadistes) ont mis la main sur des armes et ils terrorisent les gens qui par conséquent restent cloîtrés chez eux. Nous avons demandé à tous les journalistes du monde de venir voir la vérité. Ce sont des bandes armées. Il est impossible de négocier avec eux. Ils veulent contrôler la Méditerranée et puis ils attaqueront l’Europe », a-t-il ajouté.

De son côté, M.Blair a évoqué la nécessité d’un règlement pacifique.

Trois semaines après, la coalition occidentale, y compris le Royaume-Uni, effectuait des frappes aériennes sur le territoire libyen, ce qui a conduit au renversement du dirigeant libyen.

Les prédictions de Kadhafi semblent se réaliser, rappelle le quotidien britannique. En octobre 2011, après que le régime de Mouammar Kadhafi a été renversé par les insurgés avec l’appui des bombardements de l’Otan, la Libye a entamé une difficile période de transition politique. Depuis lors, le pays n’a pas de gouvernement stable et la guerre civile se poursuit entre différents groupes islamistes et le gouvernement.

« Les preuves que le Comité a obtenues grâce à cette enquête suggèrent que les politiques occidentaux étaient bien moins perspicaces que Kadhafi au sujet des conséquences néfastes qu’engendrerait une intervention militaire en Libye, ceci tant pour le peuple libyen que pour les intérêts occidentaux », a annoncé Crispin Blunt, président du Comité des Affaires étrangères du parlement britannique.

Ce qu’avait compris Kadhafi

Chacun de nous peut être pendu par les Etats-Unis comme l’a été Saddam Hussein, ancien président d’Irak, a prévenu le défunt colonel Mouammar Kadhafi lors de son discours prémonitoire au sommet de la Ligue des États arabes en 2008.

« Ils l’ont trahi et ils l’ont pendu »

« Une puissance étrangère vient chez nous, occupe un pays arabe, pend son président et nous tous, simplement, le regardons de l’extérieur. Pourquoi n’a-t-on pas fait d’enquête sur l’exécution de Saddam Hussein? Comment peut-on pendre un prisonnier de guerre, un président d’un pays arabe qui fait partie de cette même Ligue des États arabes? », a-t-il fustigé.

Le dirigeant libyen a reconnu les désaccords politiques existant entre lui, les autres dirigeants arabes et M. Hussein, mais s’est prononcé contre l’amitié entre les Etats arabes et les Etats-Unis pour le bénéfice de l’unité entre les pays arabes.

« Pourquoi reste-on à l’écart? Chacun de vous peut être le suivant », a prévenu M. Kadhafi. Il a rappelé que les Etats-Unis avaient lutté contre l’ancien guide de la Révolution de l’Iran Rouhollah Khomeini avec Saddam Hussein, qu’ils qualifiaient alors d’ami. M. Hussein était lié d’amitié avec l’ancien vice-président des États-Unis Dick Cheney et l’ancien secrétaire de la Défense Donald Rumsfeld. « Finalement, ils l’ont trahi et ils l’ont pendu. Vous êtes amis de l’Amérique. D’accord, pas « vous » mais « nous » — mais un jour l’Amérique peut nous pendre, nous aussi ».
« Pourquoi notamment Irak? »

Dans son discours M. Kadhafi s’adresse également aux Etats-Unis pour les interpeller sur le pourquoi de l’intervention précisément en Irak. « Où est la raison de l’occupation de l’Irak? Ben Laden est citoyen d’Irak? Non. Ceux qui ont fait l’attentat à New-York étaient-ils irakiens? Non. Ceux qui ont attaqué le Pentagone étaient-ils irakiens? Non. Est-ce que l’Irak possédait des armes de destruction massive? Non. Même s’il y en avait…L’Inde, le Pakistan, la Chine, la Russie, le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis ont des bombes nucléaires. Faut-il détruire tous ces Etats? », s’est-t-il exclamé.

« Nous sommes ennemis vous et nous. Nous nous haïssons, nous nous trompons, nous nous réjouissons du malheur d’autrui. Nos services de sécurité complotent les uns contre les autres au lieu de nous protéger contre nos vrais ennemis. Si nous avions lutté contre nos vrais ennemis comme nous luttons les uns contre les autres! ».

Un discours prémonitoire

Ces propos étaient prémonitoires pour Mouammar Kadhafi lui-même, car il trouva la mort 3 ans après ce discours. En octobre 2011, le régime du dirigeant libyen a été renversé par les insurgés à l’aide des bombardements de l’OTAN. La Libye a entamé une difficile période de transition politique. Depuis lors, le pays n’a pas de gouvernement stable, et la guerre civile continue entre différents groupes islamistes et le gouvernement.

Sur la vidéo, on voit également le président syrien Bachar el-Assad qui, en 2008, écoute M. Kadhafi en souriant. Mais depuis 2011, le conflit armé ravage la Syrie, ayant fait, selon les estimations des Nations unies, plus de 220.000 morts. Les forces gouvernementales combattent les brigades armées de l’opposition anti-Assad et les terroristes de l’Etat islamique et du Front al-Nosra. En Irak, la guerre civile et les affrontements militaires avec l’Etat islamique continuent toujours.
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