Le département américain de la Défense a consacré 22 millions de dollars par an à un programme secret destiné à enquêter sur des objets volants non-identifiés.

Le Pentagone, siège du département américain de la Défense, à Arlington (Virginie, Etats-Unis), le 23 avril 2015. (SAUL LOEB / AFP)

Le Pentagone à la recherche d’ovnis ? Le département américain de la Défense a reconnu l’existence de son programme d’identification des menaces aérospatiales avancées (AATIP), entre 2007 et 2012, révèlent le New York Times et Politico(articles en anglais), samedi 16 décembre. Dans le plus grand secret, l’armée américaine a enquêté sur des objets volants non identifiés, aperçus par des militaires ou des simples citoyens.

Dans son énorme budget de 600 milliards de dollars (un peu plus de 510 milliards d’euros), le financement du programme d’identification des menaces aérospatiales avancées passait inaperçu. Pourtant, ce sont tout de même 22 millions de dollars par an (un peu moins de 19 millions d’euros) qui ont été consacrés aux observations d’objets volants non identifiés, selon le New York Times.

En quoi consistait ce programme ?

Les contrats consultés par le New York Times montrent que ces millions de dollars étaient surtout destinés à Bigelow Aerospace, la société du milliardaire Robert Bigelow chargée d’évaluer la menace posée par ces ovnis. L’argent a notamment permis à Bigelow Aerospace d’agrandir ses bâtiments à Las Vegas (Nevada) afin de stocker les métaux et autres matériaux récupérés et attribués à des phénomènes non identifiés. Les chercheurs de Bigelow ont également interrogé des personnes affirmant avoir ressenti des modifications physiologiques après des rencontres avec des ovnis, ainsi que des militaires qui avaient aperçu ces objets volants inconnus.

« Des ‘phénomènes aériens non identifiés’ rapportés par des pilotes et des militaires apparaissaient beaucoup plus avancés que la technologie américaine ou étrangère », selon des personnes impliquées dans le dossier, citées par Politico. « Dans certains cas, ces engins manœuvraient de façon si inhabituelle et si rapide qu’ils semblaient défier les lois de la physique », expliquent encore ces sources, pour justifier l’existence du programme.

L’AATIP a également collecté des enregistrements vidéo et audio, dont les images d’un appareil « entouré d’une sorte de halo lumineux, volant à grande vitesse tout en tournant sur lui-même. » On peut entendre les pilotes qui tentent de comprendre ce qu’ils voient, dans cette vidéo publiée par le département de la Défense, qui a toutefois refuser de préciser la date et le lieu de l’incident.

A-t-il permis d’identifier des ovnis ?

« Ce qui était considéré hier comme de la science-fiction est à présent un fait scientifique », est-il écrit dans un document du Pentagone datant de 2009, cité par le New York Times. Et les Etats-Unis seraient « incapables de se défendre contre les technologies découvertes ». Le sénateur Harry Reid, à l’origine du programme, plaidait à l’époque pour renforcer la sécurité de ces recherches, arguant que « de grands progrès » avaient été réalisés « dans l’identification de plusieurs découvertes non conventionnelles et très sensibles ».

Selon Luis Elizondo, qui était à la tête du programme, « les phénomènes étudiés ne semblaient pas provenir d’un quelconque pays ». En outre, « ces observations ont souvent été situées près d’installations nucléaires, qu’il s’agisse de navires en mer ou de centrales », explique-t-il à Politico. Mais un autre membre du programme s’interroge sur la possibilité pour la Chine ou la Russie d’avoir simplement développé de nouvelles technologies beaucoup plus avancées que les Etats-Unis, rapporte Politico.

Ni le New York Times ni Politico n’ont obtenu plus d’informations sur ces « découvertes très sensibles ». Au New York Times, plusieurs scientifiques mettent en garde : ne pas savoir d’où provient un objet ne signifie pas qu’il arrive d’une autre planète ou d’une autre galaxie. Un ancien ingénieur de la Nasa affirme par ailleurs que « beaucoup de gens sont actifs dans les airs et ne veulent pas que les autres le sachent ».

Pourquoi est-il resté secret si longtemps ?

Le programme AATIP n’était pas totalement classifié, mais un tout petit nombre d’officiels américains en étaient informés. C’est l’ancien leader démocrate du Sénat, Harry Reid, passionné d’espace et fasciné par les ovnis, qui l’avait initié, soutenu par deux autres sénateurs. Aucun des trois hommes ne souhaitait débattre en public de cette question sensible et du financement du programme.

Au sein de l’armée, les militaires qui observaient des phénomènes inexpliqués n’en parlaient pas toujours à leur hiérarchie, « car les soldats craignaient qu’on leur rie au nez », affirme Harry Reid au New York Times. Robert Bigelow explique aussi que les scientifiques américains ont « peur d’être ostracisés et les médias ont peur d’être stigmatisés » s’ils prennent la question au sérieux. Il assure d’ailleurs que la Chine et la Russie « sont bien plus ouvertes », tout comme « la Belgique, la France, l’Angleterre ou le ChiliIls sont actifs et évoquent volontiers le sujet, plutôt que d’être bridés par un tabou enfantin », assure-t-il.

Existe-t-il toujours ?

Officiellement, le programme AATIP « a pris fin en 2012 », affirme le Pentagone à l’agence Reuters. « Il a été déterminé qu’il y avait d’autres priorités plus importantes qui méritaient d’être financées, dans l’intérêt du département de la Défense », poursuit une porte-parole.

Les financements officiels ont donc été coupés, mais le programme ne s’est pas forcément arrêté pour autant. Luis Elizondo affirme avoir continué à travailler avec la Navy et la CIA jusqu’en octobre 2017, quand il a remis sa démission, frustré que les Etats-Unis ne consacrent pas plus d’énergie et de moyens à la recherche sur les ovnis.

Le Pentagone, interrogé par l’agence Reuters, reste d’ailleurs évasif sur la poursuite du programme de recherche. « Le département de la Défense prend au sérieux toutes les menaces, y compris potentielles, contre notre peuple, nos biens et prend les mesures nécessaires à chaque fois qu’il reçoit une information crédible », répond la porte-parole.

Source: franceinfo

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