Le nouveau livre de Yuval Noah Harari, Homo deus, anticipe un univers futuriste où, les progrès des biotechnologies aidant, les sciences de la vie triomphantes congédieraient l’idée classique de la personne humaine.

Péguy avait horreur du monde moderne. Il était, pour lui, le théâtre d’un drame épouvantable: celui de l' »auto-divinisation » de l’homme. Quelles réflexions lui inspireraient le nouvel ouvrage de Yuval Noah HarariHomo Deus?

Certaines pages de cette brève histoire de notre avenir lui glaceraient probablement le sang. Il y découvrirait un univers futuriste où les fameux Gafa finiront par nous connaître mieux que nous-mêmes. Il y verrait une époque où le libre arbitre de chacun volerait en éclats face à la supériorité des prédictions statistiques du big data.

Puis vient La question fondamentale…

Il y décèlerait aussi, plus largement, l’anticipation d’un monde où, les progrès des biotechnologies aidant, les sciences de la vie triomphantes congédieraient l’idée classique de la personne humaine. Et lui substitueraient la représentation d’une « fiction concoctée par un assemblage d’algorithmes biochimiques ».

Harari déroule tous les scénarios possibles. Il y a celui, rassurant, où l’essentiel de notre tradition humaniste est sauf, malgré tout; la rationalité de l’humain « non augmenté », la raison sensible du « coeur intelligent », continuent d’être tenues pour indispensables à certaines tâches.

Il y a aussi l’autre hypothèse, celle où l’intelligence artificiellesupplante en tous domaines les performances des homo sapiens, reléguant ceux-ci à un statut d’infériorité. Harari hésite, et ne choisit pas. Mais il pose la question essentielle, qui engage l’avenir du capitalisme: « Qu’en sera-t-il le jour où riches et pauvres seront séparés non seulement par la richesse, mais par de véritables écarts biologiques? » Une somme, on le voit, vertigineuse.

 

Source: L’express

Comments

comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.