Le livre « Sexe, race et colonies » (éd. La découverte) dirigé par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel, Gilles Boëtsch, Dominic Thomas et Christelle Taraud fait l’objet de débats depuis sa parution. « Faut-il montrer ou cacher ces images? » Retour sur les arguments en présence.

Sexe, race et colonies.
Sexe, race et colonies.  Crédits : Pascal BLANCHARD, Nicolas BANCEL, Gilles BOËTSCH, Dominic THOMAS, Christelle TAR




Lundi dernier, le 8 octobre, devait avoir lieu à La Colonie rue Lafayette à Paris une présentation du livre d’art « Sexe Race et Colonies », une somme réalisée aux éditions la Découverte par un collectif d’historiens de gauche sous la direction de Pascal Blanchard.

Face à l’ampleur des polémiques qu’il suscite, la présentation a finalement été annulée et reportée sine die. En effet, depuis sa sortie fin septembre, ce livre, qui prétend vouloir dénoncer l’utilisation sexuelle des corps des colonisés sur les six derniers siècles déclenche, toujours à gauche, une volée de bois vert. Dans Libération du 30 septembre, la militante Mélusine dénonce l’absence de prétention scientifique du livre, et « la diffusion au grand public de documents historiques au contenu violemment raciste. » Le même jour, dans le même journal, Philippe Artière fait part  de son « malaise » devant un ouvrage qui oscille sans se décider entre livre d’histoire et beau livre, et qui de plus déforme les archives par un propos parfois vague, qui n’évite pas la fascination. Et dans le même temps, la rédaction de Mondafrique publie une pétition dénonçant en termes extrêmement violents la publication d’un tel ouvrage.

« Les crimes de la colonisation demeurant imprescriptibles, la possession et la publication d’images de ces crimes doivent demeurer légalement problématiques », écrivent les pétitionnaires. Cet héritage ne doit pas être laissé à la libre disposition d’ explorateur.ice.s universitaire.

A la question « n’avez-vous pas peur qu’on vous adresse le reproche de publier des images érotiques de femmes colonisées sous  couvert de science ? », Pascal Blanchard répondait à Libération dès la sortie du livre : « Bien sûr ce reproche sera fait. C’est le même débat qui a été fait quand des images de la Shoah ont été montrées pour la première fois. Mais pour comprendre ce passé il faut montrer l’indicible. Tandis qu’à Blois se tiennent les journées de l’Histoire justement consacrées à la puissance des images, Signes des temps propose de faire le point sur toute cette confusion.




Références musicales

« Haiti » Caetano Veloso ( album Tropicalia 2 )

 » Y’shebellu  » Aster Aweke ( album Desert Blues / Ambiances du Sahara )

 » Africa  » John Coltrane ( album Africa-Brass )


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