Pour montrer qu’il est possible d’offrir une seconde vie au plastique tout en dépolluant les eaux des détritus, « Recycled Parc » construit des espaces verts flottants à partir de matériaux recyclés. Le premier parc vient d’ouvrir dans le port de Rotterdam.


En ces jours de fin juillet où le mercure dépasse facilement la barre de 30°, y compris dans la ville portuaire de Rotterdam aux Pays-Bas, les visiteurs sont ravis de pouvoir se rafraîchir au bord de l’eau. Depuis quelques jours, ils découvrent dans le port d’étranges espaces flottants sur lesquels s’épanouissent des plantes et auprès desquels ils peuvent s’asseoir et se reposer.

Photographie à la discrétion de Recycled Parc / FB

Un parc flottant dans le port de Rotterdam


Les 28 hexagones ont été fabriqués à partir de plastiques récupérés sur les berges et canaux autour de la ville. Une partie d’entre eux ont été récoltés à la main, l’autre partie a été repêchée directement dans l’eau grâce à des systèmes de pièges à ordures. Les déchets sont ainsi récupérés avant d’arriver en mer. Afin de favoriser la biodiversité, les blocs ont été remplis de terre dans laquelle divers végétaux ont été plantées.


L’ensemble a été inauguré le 4 juillet dernier. L’objectif, selon les réalisateurs du projet, est « d’illustrer que du plastique recyclé à partir de matières récupérées dans les cours d’eau est un matériau de valeur adapté pour le recyclage ». Il s’agit plus globalement de sensibiliser le public à la problématique et de rappeler que « l’océan est devenu notre plus grande décharge ». Par ailleurs, de plus en plus de solutions sont en développement pour en finir définitivement, à terme, avec le plastique d’origine pétrolière. Mais aides publiques peinent à arriver.

Photographie à la discrétion de Recycled Parc / FB

La nécessaire lutte contre un fléau nommé plastique

Pour cause, des régions côtières peuplées aux îles désertes en passant par les fonds marins ainsi que les pôles, presque toutes les régions du globe sont concernées par le phénomène. Les matières plastiques qui polluent la nature sont pourtant le synonyme d’un véritable désastre environnemental. Ces pollutions participent aux dérèglements des éco-systèmes marins et menacent la faune et la flore. Souvent, les animaux confondent les déchets avec leur nourriture et les ingurgitent, conduisant à leur mort par asphyxie ou remplissage de leur estomac. Enfin, toute la chaîne alimentaire, y compris les aliments consommés par les êtres humains, notamment les poissons, sont touchés.

En avril dernier, des scientifiques constataient jusqu’à 12.000 particules plastiques par litre dans les glaces de l’Océan Arctique. Ces résultats témoignent une nouvelle fois de l’ampleur inédite de la pollution des océans. Début juin 2018, c’est le WWF qui publiait un rapport montrant que le plastique représentait à lui seul 95 % des déchets sur les plages et en surface de la mer Méditerranée. Rien que pour l’année 2015, on estime que 9 millions de tonnes de plastique ont été déversées dans les mers et océans depuis les continents.

Photographie à la discrétion de Recycled Parc / FB



Rappelons que la problématique est mondiale et ne concerne pas seulement les pays d’Asie. Avec 60 millions de tonnes de plastique produites par an, l’Europe est le deuxième plus grand producteur mondial de plastique après la Chine. En matière de recyclage, la France est tout particulièrement un mauvais élève, avec un taux de valorisation qui est seulement de 22 %, loin de la moyenne européenne de 31 %.

Les images dérangeantes de plages, cours d’eau et der mers jonchées de déchets plastiques sont donc désormais d’une triste banalité. Un signe des temps. Pour mettre fin à l’hécatombe, les initiatives se multiplient pour encourager les acteurs de la société, depuis les entreprises jusqu’aux consommateurs en passant par le législateur à se débarrasser de la matière. Alors que certains s’engagent pour que le traitement de ces déchets soient mieux contrôlé, d’autres tentent de développer des systèmes de récupération pour dépolluer ce qui peut l’être des mers et des océans. Quoi qu’il en soit, une réflexion et une prise de conscience à toutes les échelles est nécessaire pour pouvoir s’organiser de manière collective pour endiguer le problème.

Pour plus d’informations à propos du projet : http://recycledpark.com/introduction.html

 

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