Un Drone Révèle l’Écart Extrême Entre Riches Et Pauvres En Afrique du Sud

Quand on suggère la pauvreté, on pense nécessairement à ces gouffres invisibles qui séparent les pays développés des pays en voie de développement. Mais en certains lieux du monde, l’écart extrême entre les plus riches et les plus pauvres, et plus pragmatiquement l’inégalité dans l’accès aux richesses produites par une nation, est visible physiquement. Il suffit de prendre un peu de perspective sur les choses…

Il y a peu, une étude d’Oxfam révélait que les 1% des plus riches dans le monde détenaient la moitié des richesses de l’Humanité, et la tendance de l’écart des richesses entre les plus riches et les plus pauvres va en s’accentuant. Si au niveau global les chiffres parlent d’eux-mêmes, localement, c’est physiquement que cet écart peut s’observer dans certains pays. Johnny Miller est un photographe professionnel basé à Le Cap en Afrique du Sud. Frappé par l’extrême division qu’il a pu observer entre les personnes les plus aisées et une masse grouillante de citoyens pauvres, il s’est donné pour mission d’offrir une vision originale et unique d’une inégalité ancrée jusque dans la gestion des territoires.

Dans sa série « Unequal Scene » (scène inégale), le photographe va faire l’usage d’un drone pour survoler différentes zones urbaines de la République d’Afrique du Sud. Tel un oiseau discret survolant les environs, le regard qu’il offre va confirmer ses craintes. L’inégalité est profondément ancrée dans la manière dont les populations vont se concentrer dans des zones spécifiques. Des lignes de disparités se dessinent dans les paysages, comme deux mondes gravitant autour d’une même société sans se toucher, pourtant tant dépendants l’un de l’autre.

« Les différences dans la manière dont les gens vivent sont parfois difficiles à voir depuis le sol. La beauté d’être capable de voler est de pouvoir observer les choses dans une perspective nouvelle, de voir les choses telles qu’elles sont réellement« , écrit Miller sur son site. « En observant d’en haut depuis une hauteur de plusieurs centaines de mètres, des scènes incroyables de l’inégalité surgissent.«

Ce que démontrent également ces images, c’est que la séparation est non seulement marquée par un mode de vie visiblement différent (revenus, richesses, habitats,..), mais surtout par cette spécificité physique qui sert de zone « tampon » entre deux mondes. Que ce soit une forêt, une route, une chemin de fer, un marais, un élément physique vient systématiquement faire usage de barrière tant symbolique que physique entre eux.

Naturellement, en Afrique du Sud, le pays reste historiquement marqué par la période de l’Apartheid. Politique nationaliste imposée par le PN (Parti National) à partir 1948, l’Apartheid visait à séparer les populations en fonction de critères ethniques dans des zones géographiques déterminées. Une division qui sera toujours en faveur des colons occidentaux détenteurs du pouvoirs et des capitaux. Millier fait remarquer que nombre de ces séparations symboliques et physiques existent encore aujourd’hui malgré leur abolition il y a plus de 22 ans.

« Jusqu’à ce que la mort nous sépare… » pourraient s’intituler les clichés suivants. On y voit un cimetière faire office de séparation entre la zone résidentielle, à droite, et les baraquements de fortune à gauche. Sans commentaire.

Le drone a également capturé les scènes en vidéo :

Source :  unequalscenes.comunequalscenes.com / Facebook / Photographies : Johnny Miller – Millefoto

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